Sommaire I) Peuplement et frontières en Amérique du Nord. A) Une population inégalement répartie. B) La population est inégalement riche et développée. C) La population est répartie dans différents états délimités par des. frontières. II) 6,3 milliards d'hommes sur la Terre. A) L'occupation de la Terre par les hommes. Onpeut dire cela autrement, les tensions que l’on voit apparaître sur la ressource ne sont pas liées uniquement à l’accroissement de la population mondiale, mais au mode de vie d’une certaine partie de celle-ci. Pour preuve, au XXe siècle, la population a été multipliée par 3,8 alors que les prélèvements ont été multipliés par 7. Prenonsl'exemple de deux villes de Californie aux Etats-Unis, San Francisco et Los Angeles. Ces deux villes se situent comme le montre la carte ci-dessous sur la faille de San Andréas où le risque sismique est très élevé. Ces deux villes ont été plusieurs fois frappées par des tremblements de terre très violent. Et pourtant plus de 10 Unepetite séquence de géographie assez classique à destination des 6èmes sur la répartition de la population mondiale. J'ai choisi de traiter cette séquence en premier lieu pour Société La répartition de la population nationale est définie par la proportion d'habitants par type de région dans un pays donné. À l'intérieur des pays, la population ne se répartit pas de manière uniforme d'une région à l'autre. Les différences de conditions climatiques et environnementales découragent l'établissement humain Atitre de comparaison, il peut être intéressant de voir comment était représentée la répartition ethnique au début du XXe siècle. La carte ci-dessous extraite de l'Atlas historique (1911) de William R. Shepherd se résume à un monde réparti en trois groupes ethniques : les Européens, les Chinois et les Japonais et les Noirs (tous regroupés comme s'ils étaient Larépartition mondiale des francophones en 2018 . Retrouvez ici les données 2014. Cette francophonie mondiale recouvre des réalités fort différentes et les dynamiques qui la traversent méritent un examen attentif. En effet, les usages de la langue française (en famille, à l’école, au travail, dans les échanges internationaux), sa présence dans l’environnement sonore et Répartitiondu groupe sanguin O dans le monde. La majorité des personnes dans le monde possède le facteur Rhésus positif. Toutefois, il est plus fréquent dans certaines régions. La plupart des populations d’Afrique Alorsque la 21e conférence internationale sur le sida s’est ouverte lundi 18 juillet à Durban, en Afrique du Sud, tour d’horizon des chiffres du sida à travers le monde. Nousallons construire la carte de la répartition de la population à l’aide du livre. © Marie Desmares Entoure les foyers de population en rouge et nomme les trois principaux puis FxR7L. 1Deux images fortes et simples résument un des contrastes majeurs du centre du continent africain. Celle de l’Afrique centrale réputée sous-peuplée. Celle de l’Afrique des Grands Lacs saturée d’hommes. Mais dans les deux cas, de communes dynamiques de population sont en cours. Comme dans l’ensemble de l’Afrique tropicale, seule la première phase de la transition démographique baisse de la mortalité est largement entamée, alors que la deuxième phase baisse de la fécondité est à peine, et inégalement, amorcée partout, l’explosion démographique exerce ses effets. L’épidémie de sida, responsable d’une recrudescence de la mortalité, a tendance depuis quelques années à faire oublier cette réalité première. Une démographique explosive et déstabilisante2Avec des indices synthétiques de fécondité compris entre 6 et 7 enfants par femme le Gabon et la RCA font exception avec un indice de 5,4, les pays d’Afrique centrale enregistrent des taux de croissance démographique situés entre 2,5 et3 % par an. La population est par ailleurs extrêmement jeune, comme dans le reste de l’Afrique subsaharienne 45% en moyenne de moins de 15 ans, contre 3% de plus de 60 ans. Les problèmes d’insertion économique et sociale sont partout difficiles à résoudre. La crise économique généralisée multiplie le nombre de jeunes laissés-pour-compte, enfants des rues, enfants soldats. La guerre des milices à Brazzaville ne se comprendrait pas sans sa dimension économique les pillages ne sont-ils pas une forme de redistribution brutale des dépouilles urbaines ? La masse des jeunes citadins inoccupés, “ sans futur ”, constitue un inépuisable vivier où viennent puiser les professionnels de la déstabilisation politique et les entrepreneurs de guerre. 3Si on ne veut pas laisser au sida, à la guerre et aux famines qu’elle entraîne le soin de réguler la démographie, il est urgent de soutenir, dans l’ensemble de la région, des politiques de population. Aucune normalisation durable de la situation globale de la région n’est sérieusement envisageable si on néglige les paramètres démographiques. Or on constate un déficit de politiques de population, comme si inconsciemment sans doute la peur du sida et de la surmortalité qu’il provoque favorisait le maintien d’une fécondité élevée, fécondité de compensation comparable aux “ baby boom ” d’après-guerres. Une distribution spatiale et des densités très inégales4Le nombre et la répartition des hommes dans l’espace sont des données premières de l’analyse des territoires. Les chiffres disponibles en Afrique centrale souffrent malheureusement d’imprécision, de manque de fiabilité parfois, et ils sont souvent anciens. Le dernier recensement en RDC remonte à 1984. On ne dispose, vingt ans plus tard, que d’estimations construites sur des projections en fonction d’indicateurs démographiques dont on ignore la représentativité. Des enquêtes de natalité/mortalité dans les zones contrôlées par Kinshasa ne sont pas forcément transposables dans les secteurs contrôlés par le MNC ou le RCD Goma. Il existe cependant quelques données locales, par exemple un recensement de la population à Lubumbashi a été réalisé en 2001 il a donné pour résultat une population de habitants. Pour Kinshasa, on doit se contenter d’estimations elles se situent entre 5 et 7 millions d’habitants. Les chiffres pour l’ensemble du Congo oscillent entre 50 et 55 millions. La plus grande incertitude porte sur le nombre de décès dus à la guerre civile depuis son déclenchement en août 1998 des chiffres de 3 à 4 millions sont avancés. En réalité tous les chiffres sont à manier avec précaution et, si le retour à la paix se concrétise, une des premières actions à conduire serait un recensement de la population. 5Le Rwanda a procédé à un recensement en 2002. Les premiers résultats d’ensemble viennent d’être rendus publics 8 millions d’habitants en chiffre arrondi, et une croissance qui ne se ralentit pas. Il serait utile de disposer de données actualisées pour tous les pays de la région, car l’état de la population constitue une information indispensable à l’analyse économique et politique. 6Même s’ils manquent de précision, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au-delà des masses démographiques qui font du Congo-Kinshasa le poids lourd de la région, quelle que soit l’extension qu’on lui donne, la caractéristique la plus frappante réside dans les contrastes de densité. 7Les moyennes par Etat masquent des différences régionales considérables. Aussi une représentation significative de la répartition des hommes et de la charge démographique réelle nécessite-t-elle des investigations à des échelles plus fines. La carte des densités a utilisé les deux registres en combinant une représentation par point plus fidèle aux localisations et un figuré par plage selon quelques grandes classes de densité nationale. 8La carte de population peut être utilement comparée à celle des milieux. Les zones désertiques sont, par définition, pratiquement inhabitées. Les déserts et zones arides Sahara, Somalie, Namibie etc. aux problématiques spécifiques restent en dehors du cadre géographique de l’étude, même s’ils font partie d’Etats d’Afrique centrale, comme le Tchad. 9Les espaces forestiers ne présentent dans l’ensemble que de médiocres densités. Sauf dans les zones marécageuses ou saisonnièrement inondées, le faible peuplement n’est pas la conséquence d’une présumée hostilité du milieu, mais de la faiblesse des moyens techniques dont les hommes disposent pour en tirer partie, et de leur pénétration parfois assez récente dans la forêt. Il est vrai que les populations forestières d’Afrique centrale ont connu, au moins à l’époque coloniale où ces faits ont été observés, un moindre dynamisme démographique que celles des régions de savane. L’hypofécondité, liée à un fort taux de stérilité, caractérisait de nombreuses populations du Gabon, de la cuvette congolaise en particulier parmi les Mongo, ou de la RCA notamment chez les Nzakara. Ce fut un des objectifs du CIRMF Centre International de Recherches Médicales de Franceville créé dans les années 1970, de rechercher les causes de cette hypofécondité étroitement associée au milieu forestier. Le problème ne se pose plus aujourd’hui meilleur suivi médical, changements des conditions de vie, urbanisation ont contribué à une normalisation de la fécondité qui se rapproche progressivement des moyennes africaines. 10Rien ne s’oppose, notamment à la faveur d’un contexte technique et social plus performant, et de la généralisation de l’économie de marché, à l’expansion du peuplement en milieu forestier . Le disponible foncier y est considérable. Le défrichement de nouvelles terres forestières posera à terme la question de la gestion du capital forêt et des équilibres à trouver entre exploitation agricole et conservation de la nature. Dans l’immédiat, les faibles densités ne font pas peser de réel danger sur l’environnement. Elles représentent plutôt un handicap pour le développement car elles empêchent de réaliser des économies d’échelle dans l’établissement d’infrastructures de transport par exemple. L’Afrique forestière reste placée dans un contexte général sinon de sous-peuplement, à tout le moins de faible densité et de discontinuité du peuplement. 11La contiguïté de ces espaces forestiers et des hautes terres de la crête Congo-Nil aux densités de plusieurs centaines d’hab/km2 crée un des contrastes démo-géographiques majeurs du continent. Abondance, voire excès de terre, dans un cas, saturation foncière de l’autre, le déséquilibre expose à des mouvements de population des zones de haute pression démographique vers les zones de basse pression. Leur régulation constitue un des défis politiques majeurs de l’espace Afrique centrale - Grands Lacs, ensemble spatial d’interdépendance démographique. Les migrations 12L’exiguïté des territoires rwandais et burundais n’offre plus d’exutoire intérieur pour une fraction de la paysannerie condamnée dans un proche avenir à quitter la terre. Les dynamiques de front pionnier qui, en d’autres lieux, ont permis un délestage des espaces surpeuplés, comme dans le cas de la transmigration en Indonésie, ne pourraient jouer ici que dans le cadre d’espaces transfrontaliers. Si du moins on exclut l’option d’une annexion de territoires dans l’est du Congo où pourrait se déverser le trop-plein démographique rwandais. Les détenteurs du pouvoir au Rwanda n’expriment pas publiquement de positions qui pourraient rappeler les doctrines de l’“ espace vital ”. Mais qu’en est-il des non-dits ? Avant les traités de partage colonial, le Rwanda était plus étendu qu’aujourd’hui et englobait des territoires inclus dans les actuels RDC et Ouganda la tentation d’une redéfinition du tracé des frontières, remettant en cause le statu quo proclamé par l’OUA dès sa création en 1963, n’est pas à exclure. La conquête militaire et l’appropriation de territoires, toutefois, peuvent difficilement constituer une solution durable cela conduirait à exacerber les conflits tribaux et à entretenir une situation indéfinie de conflit et d’insécurité. Migrations rurales autochtones et étrangers 13 La question des migrations est tout à fait cruciale. Elle pose des problèmes d’une extrême complexité concernant les relations entre autochtones et étrangers, dès lors que le statut de la terre et l’exercice du pouvoir sont en cause. Ces questions ne sont pas nouvelles des violences récurrentes jalonnent l’histoire du Kivu depuis la fin de la période coloniale. Les migrants Banyamulengue et Banyarwanda, qu’ils soient Hutu ou Tutsi, sont restés des “ étrangers ” pour les groupes ethniques qui se considèrent comme autochtones Nande, Tembo, Hunde, Havu, Shi, Bavira, Bembe etc. L’Etat zaïrois lui-même a entretenu la confusion en modifiant la législation sur la nationalité avec pour effet de retirer la nationalité zaïroise à de nombreux résidents originaires du Rwanda. La Conférence nationale a encore envenimé les relations intercommunautaires en privant de représentativité des populations du Kivu présumées de “ nationalité douteuse ”. Les massacres interethniques au Masisi en 1993 ont montré à quelles violences les conflits entre autochtones et étrangers pouvaient conduire. Ils se sont accompagnés d’un processus de “ milicisation ”. Les jeunes combattants autochtones Maï Maï ont renoué avec le mouvement Simba qui s’était illustré dans la rébellion muleliste de 1964 par le recours à des pratiques fétichistes censées les rendre invulnérables. Ils marient aujourd’hui la kalachnikov à la magie. 14L’afflux de réfugiés hutus en 1994, puis les opérations militaires de l’AFDL ont aggravé l’insécurité régionale et rendu la situation plus confuse que jamais. Aujourd’hui, des bandes armées hutues, constituées d’anciens militaires rwandais et de miliciens interahamwé qui ont survécu en se dissimulant dans les forêts après la destruction des camps de réfugiés, entretiennent un climat de violence. Les combattants Maï Maï n’ont rien perdu de leur ardeur combattive ; ils prennent les armes dès que leur prééminence et leurs droits sur leurs terroirs sont menacés. Leur “ patriotisme local ” les dresse contre toute forme d’occupation étrangère, actuellement contre les forces rwandaises et leurs alliés du RCD Goma. 15Au-delà de l’imbroglio politique et militaire et de la confusion qui règne dans l’est du Congo une confusion que le Rwanda et l’Ouganda semblent entretenir à dessein, aucun règlement pacifique durable n’est envisageable sans un éclaircissement du statut des personnes vis-à-vis de la nationalité, du droit au sol, de la citoyenneté. Le défi est énorme car les strates successives de migrations ont rendu le panorama particulièrement embrouillé. C’est dans cet espace frontalier “ plein ” que s’est noué le nœud gordien de la crise politique dans laquelle l’Afrique centrale est plongée. L’émigration vers les villes 16Les villes constituent aujourd’hui le principal lieu de destination des migrants africains. Les flux d’immigrés se composent majoritairement de jeunes hommes célibataires qui cherchent en quelques années à accumuler un pécule, loin des sollicitations du groupe familial, en vue du mariage, de la construction d’une maison ou de la création d’une entreprise “ au pays ”. La plupart des migrants étrangers travaillent dans le secteur informel du commerce, des transports, de l’artisanat, des services. Libreville représente l’archétype des villes attractives bien que son image d’eldorado se ternisse avec le déclin des ressources pétrolières Malabo est en train de prendre la relève. Les étrangers comptent pour le quart de la population de la capitale gabonaise. Ils sont originaires d’Afrique centrale Cameroun, Guinée équatoriale, les deux Congo ou d’Afrique de l’Ouest Mali, Sénégal, Togo et Bénin, Nigeria ; ceux qu’on désigne du terme générique de “ Haoussa ” jouent depuis quelques décennies un rôle important dans la diffusion de l’islam. La présence massive des étrangers africains dans les secteurs de la petite activité marchande les rend indispensables au fonctionnement de l’économie urbaine, mais les expose à des accès périodiques de xénophobie dont ont été victimes à tour de rôle Congolais de Brazzaville, Béninois, Camerounais, Nigérians. 17Ces migrants temporaires tissent des réseaux transnationaux, contribuent à une redistribution régionale des ressources monétaires, diffusent des pratiques religieuses et culturelles, des modes vestimentaires etc. participant ainsi à la formation d’une urbanité africaine. Si en période de crise politique ils sont exposés à la vindicte populaire et aux pillages, et doivent parfois se résoudre à un rapatriement prématuré, ils ne posent pas de problèmes aussi complexes que les migrants ruraux car, le plus souvent résidents temporaires, ils gardent un statut d’étranger et ne sont pas impliqués dans les confuses questions foncières. La libre circulation des personnes est inscrite dans les textes fondateurs des différentes communautés, la CEMAC notamment, mais il y a encore loin entre les déclarations de principe et les pratiques réelles. 18Les étrangers non africains constituent une catégorie d’acteurs importante tant par leur rôle dans les secteurs économiques, que par leur influence politique et culturelle. Ils se répartissent en différents groupes ou réseaux ayant chacun leurs rôles spécifiques “ expatriés ” Européens et Américains, Libano-Syriens, Indo-Pakistanais. S’y ajoutent les ressortissants des pays de l’ancienne URSS, qu’on retrouve en RDC, en Angola, au Rwanda, en particulier comme pilotes. L’imbrication de ces réseaux avec les élites africaines mériterait une étude approfondie communauté ou complicité d’intérêt, franc-maçonnerie, ONG, voire réseaux mafieux. Réfugiés et déplacés19L’Afrique centrale sensu lato a son lot de réfugiés, depuis l’exil à partir de 1959 de populations tutsies rwandaises, vers l’Ouganda. L’évolution du nombre de réfugiés suit une courbe en dents-de-scie, calquée sur l’intensité des conflits. Le nombre de réfugiés a culminé en 1994 avec le départ massif de Hutus vers le Zaïre qui en accueillit jusqu’à 1,3 million, la Tanzanie, le Burundi. Les statistiques établies par le HCR fournissent des informations précises sur le stock et les flux de cette catégorie de population ayant franchi une frontière. En revanche, les personnes déplacées à l’intérieur d’un Etat sont plus difficiles à appréhender, bien que leur nombre puisse être important on a estimé à quelque 600 000 celui des Kasaïens “ refoulés ” du Shaba-Katanga en 1992-1994. 20Les migrations sous contrainte créent des conditions de vie très artificielles, plus ou moins éphémères, généralement dans des camps gérés par le HCR, signe tangible de leur non-intégration dans le pays d’accueil. Une réflexion d’ensemble sur l’Afrique centrale ne peut éluder un questionnement sur l’avenir des populations réfugiées, et sur les possibilités de résorption des camps, soit par des politiques de retour, soit par des politiques d’intégration tous les pays de la sous-région sont concernés car ils ont tous été affectés, à des degrés divers, par ces chassés-croisés transfrontaliers de populations en fuite. 21La question des réfugiés n’est pas seulement humanitaire, elle est aussi politique les réfugiés représentent en effet un potentiel d’instabilité régionale. La reconquête du pouvoir au Rwanda par les Tutsis réfugiés en Ouganda au début des années 1960 en est la meilleure illustration. L’APR, Armée Patriotique Rwandaise, s’est forgée en Ouganda, en s’engageant au côté de Museveni elle y a acquis une efficacité qui fait d’elle une des meilleures armées d’Afrique subsaharienne. C’est la crainte de voir les Hutus se réorganiser dans les camps de réfugiés du Kivu pour tenter de reconquérir le pouvoir qui est à l’origine de la grande offensive lancée à l’automne 1996 par les nouveaux maîtres de Kigali, offensive d’où sont sortis l’AFDL et Laurent-Désiré Kabila. 22L’histoire ne se répète pas, mais elle obéit à quelques schémas généraux. Ce que Kagame et le FPR ont réussi en partant d’Ouganda, les “ Gendarmes Katangais ” avaient tenté de le faire en partant d’Angola où ils s’étaient réfugiés après l’échec de la sécession du Katanga ; à la faveur de la guerre civile angolaise ils avaient entretenu leur compétence militaire. Leurs deux tentatives en 1977 et1978 échouèrent, mais il fallut que le Maroc, en 1977, la France et la Belgique en 1978 interviennent pour reprendre Kolwezi, cœur de la Gécamines, aux troupes rebelles et mettre un terme à leur entreprise. Depuis la débâcle des forces armées hutues en 1996, quelques milliers de rescapés, anciens militaires et miliciens, ont réussi à gagner les pays voisins après avoir traversé le Zaïre. Au Congo Brazzaville, pour quelques dollars par jour, ils se mirent au service de Sassou Nguesso. Cette catégorie de réfugiés-mercenaires, constitue un facteur de déstabilisation et d’insécurité à l’échelle régionale. 23Le retour à la paix ne sera effectif que si la question de ces combattants sans frontière - soldats perdus de conflits qui ne sont plus pour eux qu’un moyen de survie - est résolue. Les diasporas24Les migrations régionales, conséquences de la pauvreté et des conflits, impliquent surtout les petites gens, paysans et soldats. Les migrations lointaines, en direction des pays riches, concernent plutôt la frange aisée de la population, issue de la classe politique, du monde des affaires, des milieux intellectuels. Les diasporas sont constituées de populations disposant d’un capital culturel sans commune mesure avec les migrants restés dans la région. Elles forment des réseaux internationaux dont les principales implantations se situent en Europe France, Belgique, Grande-Bretagne en Amérique de Nord, et en Afrique du Sud. 25Les diasporas jouent un rôle considérable sur le plan économique les transferts d’argent participent de cette économie invisible vitale pour des pays désorganisés comme la RDC. Le nombre d’agences Western Union dans les grandes villes est un indicateur de l’importance de ces flux monétaires dont il serait très utile de connaître l’importance. De multiples associations et amicales entretiennent des liens actifs entre “ originaires ” du Sud et résidents de telle ou telle ville du Nord. Mais les diasporas constituent aussi des lieux de réflexion et d’action politique, en contact et en résonance avec les acteurs de l’intérieur. Les débats sur la reconstruction de la RDC, les modèles politiques et institutionnels à promouvoir, les choix de société, sont débattus à Bruxelles, Paris ou Washington. Les membres influents des diasporas se comportent tantôt comme des propagandistes politiques, tantôt comme des agents de lobbying, à l’interface entre administrations publiques, ONG, entreprises privées - sans exclure les réseaux mafieux des trafics d’arme et de drogue. L’initiative sur les dynamiques d’Afrique centrale doit par conséquent accorder une attention particulière au rôle des diasporas. Populations et cultures la dimension ethnique 26La question ethnique se pose en Afrique centrale depuis le début des Indépendances. Sans fétichiser l’ethnie ni chercher dans le “ tribalisme ” le deus ex machina des affrontements, guerres civiles, violences au quotidien, comme ont tendance à le faire les médias, on se gardera de minimiser l’importance des facteurs ethniques dans les dynamiques socio-politiques contemporaines. 27L’Afrique centrale se caractérise par une extraordinaire diversité ethnique les ethnologues ne répertorient pas moins de 250 groupes différents pour la seule RDC. En termes d’analyse géopolitique, une double question se pose la diversité ethnique est-elle un obstacle à la formation de l’unité nationale ? la présence de groupes ethniques en position transfrontalière est-elle un facteur d’instabilité régionale ? Ces questions ne sont pas propres à l’Afrique centrale sans entrer dans le débat général sur la dimension ethnique, on se contentera ici de quelques observations relatives aux situations locales. 28La multiplicité des ethnies n’est pas en soi un obstacle au fonctionnement de l’Etat les ethnies ne constituent qu’un cadre de référence identitaire parmi d’autres, à une échelle les situant entre le groupe familial de proximité et l’Etat. Ethnie et Etat cessent d’apparaître comme des catégories antagonistes dès lors qu’on raisonne en termes d’emboîtements et non d’exclusion. Les 38 groupes ethniques du Gabon n’altèrent pas la réalité d’une identité gabonaise. De même, l’existence d’un très grand nombre d’ethnies répertoriées en RDC n’est pas incompatible avec le sentiment d’appartenir à une entité “ congolaise ” englobante. Paradoxalement, mais le paradoxe n’est qu’apparent, plus il y a d’ethnies et moins il y a de problème ethnique à l’intérieur d’un Etat, aucune n’étant en mesure de revendiquer un quelconque leadership. 29Il existe en réalité des regroupements entre ethnies que rapprochent les coutumes ou les parentés linguistiques. Par exemple le groupe Mongo, s’est constitué en tant qu’entité propre à la suite des travaux d’un missionnaire linguiste belge portant sur les multiples groupes dispersés dans la cuvette congolaise et qui se reconnaissent aujourd’hui dans cette configuration identitaire construite sur des fondements linguistiques. Celle-ci leur permet de revendiquer en tant que groupe reconnu leur existence sur le plan politique, et donc d’accéder au partage des pouvoirs. 30L’interprétation des dispositifs politico-ethniques est rendue compliquée parce qu’ils sont à géométrie variable. Ils constituent pourtant une grille d’analyse obligée pour la compréhension du politique ce qu’on appelle souvent dans la région la “ géopolitique ” consiste en une répartition des pouvoirs entre groupes ethno-régionaux, condition sine qua non de fonctionnement pacifique de l’Etat. L’habileté des chefs d’Etat réside dans leur capacité à satisfaire les représentants issus de chaque groupe, chefs traditionnels, notables, élites formées à la modernité par l’école. Mais aucun pays n’est à l’abri de revendications pouvant dégénérer en violences lorsque les responsables politiques mobilisent leurs forces pour un combat où les affrontements interethniques se substituent à la négociation. 31C’est ainsi que les violences présentées comme inter-ethniques qui ont émaillé l’histoire des deux Congo au cours des années 1990 expulsion des Luba-Kasaï du Katanga, massacres au Masisi, guerres de Brazzaville opposant Lari, Mbochi, “ Nibolec ” résultent fondamentalement de l’instrumentalisation des configurations ethniques à des fins politiques. La condamnation de ces violences ne doit pas pour autant occulter la réalité ethnique, car elle reste un des piliers des sociétés africaines. 32De ce point de vue, les relations entre Hutus et Tutsis sont exemplaires par les situations d’extrême violence auxquelles elles ont conduit depuis une quarantaine d’années, l’engrenage infernal de la peur et la haine s’entretenant mutuellement. Or les massacres récurrents dans l’espace Rwanda-Burundi se déroulent au sein d’une population aux fortes parentés communauté de langue notamment faut-il parler d’ethnie ? de statut ? de caste ? Sans entrer dans le détail d’un débat extrêmement complexe, on peut cependant considérer que la posture qui consiste à nier les différences entre communautés Hutu et Tutsi conduit à une impasse et à un report des violences. 33 L’existence de groupes ethniques transfrontaliers ne constitue pas, actuellement tout au moins, une remise en question du contour des Etats. Contrairement à ce que prétendent certains analystes, les frontières africaines en général, celles de l’Afrique centrale en particulier, ne sont pas globalement contestées même si l’idée de redessiner l’Afrique a toujours des adeptes. Quelques-uns se positionnent en faveur de la résurgence des configurations politiques brisées par l’établissement des frontières coloniales. Parmi les Kongo, les déclarations du roi Misere en RDC, et du pasteur Tumi au Congo Brazzaville en faveur de l’unité de la culture kongo recueillent un certain écho parmi les intellectuels. La reconstitution d’un “ royaume de Kongo ” qui regrouperait des territoires faisant partie des deux Congo, de l’Angola où se trouve la capitale de l’ancien royaume, Mbanza Kongo, jadis baptisée par les Portugais San Salvador et même du Gabon si l’on y inclut l’ancien Loango présente peu de crédibilité, mais il serait intéressant de savoir par exemple comment l’identité Kongo est analysée à l’Université Kongo de Mbanza Ngungu. Les seules régions frontalières réellement problématiques sont celles du Kivu, pour la raison principale qu’elles ont accueilli au cours des dernières décennies des populations en grand nombre originaires du Rwanda, créant de vives compétitions foncières et l’imbroglio juridique relatif à la nationalité, déjà mentionné. Le puzzle ethnique ne constitue cependant qu’un des ingrédients du cocktail explosif du Nord-Est congolais. L’analyse ethnique est tronquée si on ne l’aborde qu’en termes de subdivision des populations et des territoires. Les appartenances ethniques participent en effet aux dynamiques linguistiques et culturelles qui transcendent les groupes et les frontières et constituent ainsi autant de strates pouvant favoriser les processus d’intégration. 34Quelques grandes langues remplissent une fonction fédératrice tant à l’intérieur du territoire de RDC, qu’à l’échelle régionale. Le tshiluba, langue des Luba, ne déborde des frontières nationales que sur une étroite frange du nord de l’Angola. De même le mongo reste circonscrit à la cuvette congolaise. Le ngbandi parlé au nord de la province de l’Equateur trouve son prolongement en RCA sous le nom de sango. Le tchokwé est parlé sur les frontières méridionales de RDC, en Angola et en Zambie. Mais trois langues se distinguent par leur caractère largement international. 35Le kikongo est parlé au-delà de l’espace Kongo proprement dit, jusque dans le Bandundu. La communauté de langue favorise naturellement les échanges économiques ou les mouvements de population. Au plus fort de la guerre civile en Angola, le Bas-Congo a accueilli sans problème majeur des centaines de milliers de réfugiés angolais. Plus récemment, près de 50 000 personnes d’origine Kongo fuyant la guerre civile au Congo Brazzaville ont trouvé refuge dans les régions de Mbanza Ngungu et de Luozi. 36Le lingala est devenu la grande langue véhiculaire de la moitié occidentale de la RDC ; il est parlé dans une partie du Congo Brazzaville. Le Lingala a par ailleurs acquis un statut de langue culturelle comme véhicule de la musique congolaise dont l’influence dépasse largement les limites des deux Congo. 37La moitié orientale de RDC est au contraire intégrée au grand ensemble swahili. Mélange de langues bantoues et arabes, le swahili a été diffusé à partir des côtes de l’Océan Indien par les marchands arabes, y compris les esclavagistes qui comme Tippo Tib, le dernier d’entre eux, avaient étendu leurs réseaux jusqu’à Kisangani. 38Ces trois langues internationales constituent des instruments de rapprochement transfrontalier. Elles constituent des vecteurs culturels qui prennent place au côté des langues maternelles et des langues européennes. 39Une des fonctions importantes des langues est de servir de support à la diffusion des religions dès la colonisation, les églises chrétiennes, dans leur émulation à convertir, ont très tôt traduit la bible dans de nombreux idiomes. Plus récemment, le Kimbanguisme a essaimé principalement à l’intérieur de l’aire linguistique kikongo il revendique aujourd’hui 17 millions d’adeptes répartis entre les deux Congo, l’Angola et le Gabon. Dans le contexte de crise généralisée de l’Afrique centrale, les religions jouent un rôle décisif dans les processus de socialisation, et aussi d’intégration régionale grâce à la vitalité de leurs réseaux régionaux. Elles doivent donc être pleinement prises en compte dans une étude des dynamiques socio-culturelles régionales. L’urbanisation40L’Afrique centrale participe, selon des modalités et des rythmes différents suivant les pays, à la formidable révolution urbaine, qui fait des villes africaines les lieux par excellence du changement, les lieux d’une “ modernité ” à laquelle aspirent les populations, particulièrement leurs fractions les plus dynamiques. 41Le panorama de l’urbanisation en Afrique centrale apparaît particulièrement contrasté. S’y côtoient les taux de population urbaine les plus élevés d’Afrique sub-saharienne Gabon 75%, Congo Brazzaville 60% et les moins élevés Rwanda et Burundi, inférieur à 10%. La RDC se situe autour de 40%. On observe une corrélation significative entre faible densité et taux d’urbanisation élevé, d’une part ; entre forte densité et faiblesse de l’urbanisation, d’autre part. Cela peut s’expliquer par le fait que la ville, lieu d’exercice des fonctions d’encadrement politico-administratif, sanitaire, éducatif, et de la vie de relation est moins nécessaire dans des contextes de forte densité la proximité physique des habitants favorise les échanges sociaux et peut faire l’économie de leur accumulation en ville. Articulation villes-campagnes et flux transfrontaliers42L’image de la ville, tout au moins de la grande ville, est souvent négative lieu de perdition, de violence, de corruption. On ne doit pas oublier pour autant que les agglomérations urbaines sont les véritables moteurs du développement, y compris du développement rural. L’auto-développement des campagnes est en effet une vue de l’esprit c’est du marché qu’est issu le stimulant permettant la mise en œuvre des processus de progrès de l’agriculture. Il convient donc d’étudier l’économie urbaine non pas comme une entité fermée, mais dans ses articulations avec les campagnes, et d’identifier les aires d’approvisionnement et de chalandise. 43L’intensité de ces échanges dépend naturellement de l’état des voies de communication. En RDC, la dégradation des infrastructures de transport a provoqué une rétraction des espaces économiques polarisés par les villes. Ce repli caractérise des dynamiques de sous-développement. L’enclavement de zones rurales privées de desserte, exerce des effets négatifs sur l’état de santé des populations, surtout les plus vulnérables. La dégradation durable des relations ville-campagne en RDC se traduit chez les enfants par une recrudescence du marasme en ville et du kwashiorkor dans les campagnes, conséquences de la sous-alimentation, et de la malnutrition. Une des expressions les plus flagrantes de la désarticulation ville-campagne réside dans l’importance prise par l’agriculture intra-urbaine à Kinshasa et plus généralement dans toutes les villes congolaises, de nombreux espaces non bâtis, terrains vagues, bas-côtés des voies de circulation, cours privées ou jardins publics, sont aujourd’hui investis par des cultures vivrières manioc, maïs, cultures maraîchères. Les ordures ménagères servent d’engrais. L’ampleur prise par cette agriculture de survie témoigne de la profondeur de la crise économique congolaise, en même temps que de l’attachement des populations citadines à l’environnement urbain. 44L’approvisionnement des villes ne se cantonne pas aux territoires nationaux. C’est ainsi que les campagnes camerounaises contribuent pour une part importante à l’approvisionnement de Libreville ou de Malabo la consommation en vivres frais de ces deux capitales dépend dans une large mesure des arrivages du pays Bamiléké. Des oignons de la région de Maroua sont vendus sur les marchés du Nord-Congo. Quant à Brazzaville, le marché de Mpila, au bord du fleuve, reçoit toutes sortes de produits vivriers en provenance de l’autre Congo. Les flux d’approvisionnement des grandes villes participent aux dynamiques d’intégration régionale par le marché et à l’émergence d’espaces transfrontaliers. La ville exutoire démographique45La démographie urbaine combine les facteurs internes de croissance et un solde migratoire qui reflète l’intensité et les spécificités des mécanismes “ push-pull ”. L’attraction urbaine n’est pas de même nature selon que les espaces sont vides ou pleins. Mais, dans tous les cas, les villes d’Afrique centrale, engagées dans la “ transition urbaine ”, présentent une pyramide des âges caractérisée par une sur-représentation des classes jeunes et fécondes. La jeunesse est sans aucun doute le paramètre essentiel des dynamiques urbaines ; elle est au cœur des problèmes économiques, politiques, culturels des villes. Une réflexion sur l’Afrique centrale doit bien évidemment accorder une attention particulière aux populations urbaines, notamment à leur structure par âge, déterminante en matière de formation et d’emploi. 46Les questions démographiques relatives aux villes ne sont pas indépendantes de celles qui concernent les campagnes ainsi que l’illustre le cas du Rwanda. La question aujourd’hui posée est la suivante existe-t-il une “ solution urbaine ” au surpeuplement des campagnes rwandaises ? Si la question se pose, c’est bien parce qu’on observe un net changement de tendance au Rwanda les taux d’urbanisation amorcent un rattrapage par rapport à ceux des pays voisins. C’est ainsi que Kigali, modeste bourgade lors de l’accession à l’indépendance, atteint environ 600 000 habitants au recensement de 2002. L’urbanisation est considérée comme un moyen privilégié de réponse aux tensions foncières des campagnes. C’est un des axes prospectifs du document “ vision 2020 ” du Ministère des finances et de la planification économique ; dans sa version de novembre 2002 ce document table sur un taux de population urbaine de 30 % à l’horizon 2020. Cela représente un triplement en moins de vingt ans, ce qui ne paraît guère réaliste. Les villes devraient certes continuer à croître, mais il est moins sûr que les formes d’habitat rural regroupé “ Imidugudu ” deviennent “ de vrais pôles de développement et tendent à devenir des villes ” comme l’envisage Vision 2020. Le succès mitigé des Imidugudu actuels laisse perplexe. C’est une question qui méritera une étude approfondie. Pôles urbains de développement et réseaux de villes47Rien ne permet de prévoir un ralentissement du mouvement général d’urbanisation. L’exceptionnalité des pays des Grands Lacs devrait aller en s’atténuant. Ni les guerres urbaines comme à Brazzaville, ni les catastrophes naturelles comme à Goma ne semblent avoir durablement enrayé la croissance démographique des villes. Un an après qu’une éruption du Nyiragongo eut détruit le centre de Goma on pouvait observer un début de réinstallation de la population sur les laves. Des recensements seront bien sûr nécessaires pour mesurer les rythmes de croissance urbaine, en particulier en RDC où l’on ne dispose pas d’informations sur les zones contrôlées par les rebellions. 48A défaut de statistiques, les observations directes, les images satellitaires, et des études fragmentaires, autorisent à considérer que la croissance urbaine est restée soutenue. On retiendra cette hypothèse dans l’étude des dynamiques spatiales en Afrique centrale. Toute la question est de savoir si l’accumulation des hommes suffit à générer des pôles de croissance économique. La déconnexion entre la croissance démographique et celle du secteur moderne d’activité étant la règle générale, l’économie urbaine est de plus en plus régie par le secteur informel. L’effondrement de l’activité minière au Katanga a été durement ressenti par la population salariée mais n’a pas provoqué un mouvement de désurbanisation, comme l’a confirmé le recensement réalisé en 2001 à Lubumbashi. La résistance des villes confrontées à la quasi-disparition de l’appareil productif moderne pose la question du mode de fonctionnement de l’économie urbaine. Elle témoigne des capacités de survie des populations en situation de crise. Dans une vision prospective, on considèrera que les villes sont par excellence des lieux de concentration de ressources humaines ce capital humain représente un atout essentiel pour une reconstruction de l’économie ancrée sur les pôles urbains. 49Pôles de développement, les villes exercent une action privilégiée sur leur hinterland tout en s’inscrivent dans des réseaux d’échanges, d’interrelations plus ou moins étendus. Quelle est la réalité actuelle de ces réseaux en Afrique centrale ? Fonctionnent-ils dans un cadre spatial national ou régional ? Il existe à tout le moins quelques doublets urbains, dont le plus important est constitué par les deux “ villes-miroir ” Kinshasa et Brazzaville. Entre ces capitales qui se font face depuis plus de 120 ans, le Pool Malebo joue son double rôle de lien et de frontière. Rivalité et complicité accompagnent leur histoire distincte et mêlée. Les hommes et les idées n’ont cessé de franchir le fleuve, les uns cherchant aubaine ou refuge, les autres des terrains d’expression. On se dispute la paternité de la rumba congolaise ou de la SAPE, cette “ Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes ”, qui a donné le ton à l’Afrique centrale - au moins jusqu’aux hautes terres de l’Est, fermées aux excentricités. Les influences réciproques entre les deux villes étayent une réalité transfrontalière. C’est beaucoup moins évident dans le cas d’autres doublets comme Bangui/Zongo, Goma/Gisenyi, Bukavu/Cyangugu, ou encore Bujumbura/Uvira ou Aru/Arua ces villes de frontière et de passage exercent peu d’action et d’influence réciproques. 50La cartographie des villes montre l’existence d’ébauches de réseaux urbains répondant à trois dynamiques distinctes L’encadrement politico-administratif. La plupart des villes d’Afrique centrale furent à l’origine des postes créés par le pouvoir colonial pour contrôler les populations. Elles ont conservé ces fonctions, l’histoire de l’administration territoriale ayant au cours du temps créé une hiérarchie entre les “ chefs-lieux ”. Centres d’exercice du pouvoir, les villes sont progressivement devenues les lieux de diffusion de la modernité, du progrès, que matérialisent les institutions d’enseignement religieux ou laïc de santé, de développement économique, de loisir. L’extraction minière. Il s’agit principalement des villes de la ceinture de cuivre, à cheval sur la RDC et de la Zambie Lubumbashi, Likasi, Kolwezi, Chingola, Kitwe, Ndola, pour ne citer que les principales. Mbuji Mayi, née de l’extraction du diamant à Bakwanga, répond à la même logique - du moins aux origines, puisque la formidable croissance de la ville est due au regroupement ethnique de populations Luba, une première fois en 1960 lorsqu’elles ont fui Luluabourg Kanaga, une deuxième fois en 1993 lorsqu’elles ont été chassées du Katanga. Au Gabon, les petites cités minières de Moanda manganèse et de Mounana uranium exploité jusqu’en 1999 relèvent de la même catégorie. L’activité commerciale. Le meilleur exemple en est fourni par le chapelet des villes du Kivu et de l’Ituri sur l’axe Goma-Bunia. Beni et Butembo illustrent le dynamisme des commerçants Nande. Butembo est souvent cité comme exemple de ville dont la vigoureuse croissance ne doit rien à l’Etat. Bien qu’elle compte plus de 100 000 habitants, elle n’a pas de statut dans la pyramide administrative. Notables, commerçants, religieux, la “ société civile ” se sont substitués à des pouvoirs publics absents pour gérer leur ville. L’université de Butembo porte témoignage de leur réussite. Récemment, en 2002, un groupe d’hommes d’affaires de Butembo a créé la SENOKI, Société d’Electrification du Nord-Kivu, dans le but de construire, avec l’aval de Kinshasa, une centrale hydroélectrique sur la rivière Ivugha pour fournir du courant à l’ensemble du Nord-Kivu. C’est un exemple d’initiative locale, de prise en charge autonome d’actions de développement qui mérite d’être observé attentivement. 51Les villes sont les lieux par excellence de l’articulation entre les dynamiques du haut et les dynamiques du bas, entre Etat et société civile. Le fonctionnement de l’économie tout comme les mécanismes de régulation sociale se situent sous ce double parrainage dont l’importance respective varie en fonction des capacités gestionnaires des Etats. Au Gabon, la fonction publique représente le premier secteur d’emploi salarié la solde des fonctionnaires représente l’essentiel des intrants monétaires dans l’économie des petites villes. En RDC, au contraire, l’Etat est absent de l’économie réelle ; aucun salarié de la fonction publique ne peut vivre de son seul salaire. Il y a longtemps que le “ système D ” ou l’application du fameux “ article 15 de la constitution ” qui légitime la “ débrouille ” compensent les carences de l’Etat. Les villes se sont ainsi révélées de véritables laboratoires d’innovation économique et sociale. 52Les églises jouent un rôle irremplaçable dans le fonctionnement des villes, notamment dans les secteurs de l’enseignement, de la santé, de la communication. Avec l’effacement de l’Etat, les institutions religieuses sont de plus en plus présentes dans l’économie. Tel évêque se fait entrepreneur pour améliorer l’état des routes et permettre l’approvisionnement des marchés urbains. L’“ archipellisation ” du territoire a favorisé toutes sortes d’initiatives locales. Le mouvement associatif et les ONG prolifèrent c’est un moyen de captation de ressources, particulièrement important lorsqu’il s’agit d’ONG internationales, confessionnelles ou non. L’économie urbaine dépend dans une mesure non négligeable des apports de la multitude d’organisations présentes sur le terrain et qui constituent autant d’agents de la mondialisation. La concurrence qu’elles se livrent souligne aussi leur investissement idéologique, qu’il s’agisse de l’église catholique “ latine ”, des églises protestantes “ anglo-saxonnes ”, des nouvelles églises et sectes au succès grandissant églises de réveil, pentecôtismes etc. ou de l’islam qui commence à être présent sur la scène du développement. Par l’action des églises et des ONG, les villes s’insèrent dans des réseaux régionaux et internationaux qui sont autant de facteurs d’ouvertures et de rapprochements possibles. Le premier chapitre de géographie de l’année concerne la répartition de la population mondiale. Avant tout, voici le lien vers le site de statistiques en temps réel vu en début de chapitre Le diaporama de la 1ère partie aborde justement cette répartition. La 2ème partie porte sur les explications de cette répartition. La 3ème partie concerne les dynamiques actuelles de la population mondiale. Pour réviser le chapitre, voici d’abord une carte interactive réalisée avec Educaplay avec la même carte que celle complétée dans votre cahier Vous pouvez aussi répondre aux quiz spécialement conçus pour l’ancien programme mais qui restent presque correct pour toutes les questions 1er quiz sur la carte et les définitions; 2ème quiz consacré surtout aux contraintes naturelles. Le 3ème quiz est sur l’exemple de l’Asie de l’Est non étudié en classe, mais il peut vous aider à vérifier que vous avez compris la logique de la leçon. Quelques autres ressources pour vous aider Des quiz de l’INED à réaliser ici. Pour ceux qui veulent aller plus loin, une vidéo de l’INED sur la population mondiale Ce contenu a été publié dans Géographie, Sixième, avec comme mots-clés 6ème, Géo, Géographie, population, programme 2016, répartition. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien. La répartition de la population mondiale et ses différentes formes d'occupation spatiale Tableau de bord du chapitre Diaporama du chapitre Documents utilisés lors du chapitre Les vidéos de révision du chapitre Vidéos diffusées en cours Pour aller plus loin Sites internet en lien avec le chapitre INEDL'Ined est chargé d'étudier les problèmes démographiques sous tous leurs aspects. Ce site vous donne accès aux travaux de recherche de l'Ined, à des données chiffrées sur la population, à ... Jeux sur le chapitre