Alorsfaut-il en conclure que l'État est un mal en tant qu'il nous empêche d'être libre, mais qu'il est un mal nécessaire, dont nous ne saurions nous dispenser si nous LEtat est-il un mal nécessaire? L’Etat a été mis en place tout au long de l’Histoire selon les civilisations, il a suscité des interrogations sur sa mise en place, son rôle politique et social. Il se définit par un ensemble d'institutions organisées censées régler la vie en société par l'instauration de lois applicables à chacun, pour éviter que les hommes ne se nuisent Enfait ce n’est pas l’état qui est un mal nécessaire, c’est particulièrement l’absence ou la défaillance de l’état qui est une vraie malédiction pour certains pays dans LEtat est il un mal nécessaire ? I /Les raisons de l’apparition de l’Etat Le rejet de l’aristocratie et le désir de démocratie L’apparition de l’individu grâce à la liberté et NikoleHannah-Jones, l’une des initiatrices du projet, a réagi sur Twitter. “Si l’esclavage basé sur la couleur de la peau, où il était permis de violer, de torturer et de vendre des gens, est un mal nécessaire, alors il est difficile de trouver quelque chose qu’on ne peut pas justifier, tant que la fin justifie les moyens”. Contrairementà ce qui semble l’évidence, que l’Etat assure la sécurité et protège les citoyens, la question retourne l’évidence comme un gant en suggérant deux choses : LEtat peut véritablement être un mal s'il s'agit d'un Etat illégitime. Différent de l'État légitime dans lequel il y a des lois pour tous et par tous qui assurent l'égalité et la Sousun État juste, il n’y a pas de tyran, tout le monde obéit à la loi et personne n’est au-dessus des lois. Donc corriger l’inégalité économique ne semble pas nécessaire, l’égalité devant la loi annule en quelque sorte le jeu des forces entre le fort et le faible. Cest un acte courageux, patriote et nous la saluons », a laissé entendre Adeguero Walillaye, président de AMIRE. Selon les amis de la République, le coup d’État est certes anticonstitutionnel mais « un mal nécessaire » au vu de la dégradation de la situation nationale. Pour ce faire, le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré a Celan’est pas sans conséquences sur les équilibres budgétaires de l’Etat et sur ses réserves en devises. Ce constat s’explique surtout par un déficit au niveau de la balance commerciale avec certains pays exportateurs comme la Chine et la Turquie. Outre ses risques financiers, l’importation anarchique et irrationnelle met à mal E2nPCb. La corruption est le principal obstacle au développement économique et social de nos pays. Elle freine la croissance, nuit à l’Etat de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de ressources à nul autre pareil. La corruption enracine la médiocrité dans la société. Selon Transparency International, la corruption est le détournement à des fins privées d’un pouvoir confié en délégation. Entendue dans son sens strict, elle désigne le fait pour une personne investie d’une fonction déterminée, de solliciter ou d’accepter un don ou un avantage quelconque en vue d’accomplir ou de s’abstenir d’accomplir, un acte entrant dans le cadre de ses fonctions. On distingue ainsi la corruption active qui désigne le fait de proposer le don ou l’avantage quelconque à la personne investie de la fonction déterminée, de la corruption passive qui correspond au fait, pour la personne investie de la fonction déterminée, d’accepter le don ou l’avantage. Le Cameroun qui a ratifié la Convention des Nations Unies sur la prévention et la lutte contre la corruption et signé la Convention Africaine de prévention et de lutte contre la corruption, a pris en compte cette préoccupation dans son cadre normatif, notamment le Code pénal. En effet, tout fonctionnaire ou agent public auteur ou co-auteur de corruption est susceptible d’être poursuivi conformément à l’article 134 dudit Code. Il est cependant à déplorer le fait qu’il n’existe pas de législation nationale spécifique de prévention et de lutte contre la corruption au Cameroun. Cette loi est pourtant réclamée par la société civile et les autres parties intéressées pertinentes, au rang desquelles les principaux partenaires techniques et financiers de l’Etat. A l’observation, la corruption constitue l’un des cancers de notre société, et une entrave majeure à notre marche vers le développement. Au Cameroun nous la rencontrons à chaque coin de rue, soit en tant qu’acteur, soit en tant que victime. Le phénomène n’est pas en perte de vitesse, malgré les actions symboliques et pratiques mises en œuvre ces vingt-cinq 25 dernières années. En effet, les Camerounais donnent l’impression d’être liés les uns aux autres par un pacte de corruption implicite ou explicite selon le cas, en vertu duquel la vie en société n’aurait d’autre fin que le service d’intérêts individuels ou catégoriels, au détriment de l’intérêt général. De fait, la corruption, qu’il s’agisse de la petite ou de la grande, obère les capacités de développement du pays. Cela se voit à travers la qualité de la dépense publique, à travers certains choix d’investissement éminemment discutables, ou encore dans le domaine de la sécurité routière. A titre d’illustration, alors que les pouvoirs publics validaient la stratégie nationale de prévention et de sécurité routière du Cameroun en 2018, un accident de la route a eu lieu sur la nationale N°4 reliant Yaoundé à Bafoussam. Cet accident a causé la mort de 31 personnes et occasionné 04 blessés graves. Les premières conclusions du Gouvernement faisaient état de ce que a le chauffeur ne disposait pas du permis de conduire approprié ; b l’agence de voyage ne disposait pas d’une licence l’autorisant à exercer l’activité de transport interurbain des personnes ; c le véhicule, chaussé de pneus usés, lesquels ont été impliqués dans sa sortie de piste, disposait d’un certificat de visite technique conforme qui lui aurait été délivré 07 jours avant l’accident. Il faut également constater que le domaine de la commande publique constitue l’un des champs d’expérimentation les plus fertiles de la corruption dans notre pays. C’est dommage car cela affaiblit l’efficacité de l’action publique. Il conviendrait à cet égard de réviser la réglementation pour corriger les faiblesses du système des marchés publics, au regard de la tendance haussière des contentieux de l’attribution, dans lesquels les Sous-Commissions d’Analyse des Offres sont compromises. La réglementation des marchés publics, conçue et mise à jour pour faire obstacle à la corruption dans la commande publique, contribue paradoxalement à alimenter, à nourrir le phénomène, au grand dam des acteurs chargés de la régulation et du contrôle du secteur. Sont en cause les dispositions relatives à la communication des notes des soumissionnaires avant l’ouverture des offres financières, celles relatives aux délais de recours ou encore le fait que le plaignant lors d’un recours, ne reçoit que la partie du rapport d’analyse des offres qui le concerne, alors que la pratique de corruption ici peut consister à surnoter ou à couvrir les manœuvres frauduleuses d’un compétiteur autre que le plaignant, et non pas seulement à mal noter ce dernier. Les citoyens attendent de l’administration qu’elle mette en œuvre un projet de société orienté vers le développement du pays et prenant appui sur la satisfaction de l’intérêt général. Elle ne peut pas à la place, proposer un choix de société qui banalise la corruption et fait le lit de la médiocrité. La corruption entraîne le pays dans des profondeurs abyssales. Elle révèle ce qu’il y a de plus perfide en nous, elle sape les fondements de la société, érige en norme le vol et la tricherie, elle met la médiocrité au pinacle, elle tue aussi, sur les routes, dans les hôpitaux, dans des lieux insoupçonnés, et il faut en prendre clairement conscience. L’administration hélas, est pour beaucoup dans la prolifération de la corruption dans le corps social. Les conséquences de la corruption sont perceptibles à travers la crise morale que traverse la nation, à travers certains accidents de la circulation ou encore dans la gestion des projets ou dans les choix d’investissement inutilement coûteux, et le risque est grand que les conséquences lointaines soient pires que ce que l’on pourrait imaginer. Il y a péril en la demeure, nous devons avoir le sursaut nécessaire pour bâtir ensemble une société plus vertueuse, normée, une société dans laquelle la règle prime. En effet, la corruption entraîne inexorablement le pays dans un chaos social, et obère nos capacités de développement comme cela a déjà été évoqué. A la question de savoir la raison pour laquelle la corruption prospère autant sous nos cieux, la réponse qui vient à l’esprit de l’auteur de ces lignes, est que les Camerounais sont invariablement liés les uns aux autres par le pacte de corruption évoqué plus haut, lequel favorise un consensus tacite sur le fait que la corruption jouerait un rôle de régulation sociale, de répartition de la richesse. En effet la corruption apparaît au Cameroun comme un comportement rationnel et calculé, présent dans toutes les strates de la société. A dire vrai, la prévarication et la monétarisation des relations sociales ont atteint leur niveau le plus haut depuis l’indépendance, au point de renouveler l’hypothèse de l’Etat néo-patrimonial dont l’Afrique au demeurant n’est pas seule coutumière, même si elle en est le terreau le plus fertile. Classé pays le plus corrompu au monde en 1998 et 1999 par Transparency International, le pays a depuis lors créé des institutions chargées de lutter contre ce fléau, et a également renforcé le cadre juridique y relatif. Cependant, en dépit de ces mesures, le Cameroun reste l’un des pays les plus corrompus au monde 34e d’après le classement 2021 de TI, accréditant ainsi l’impression selon laquelle son classement peu enviable par TI, parait au fond assumé, en dépit des discours de convenance des autorités. A cet égard, le bilan de la Commission Nationale Anti-Corruption créée en 2006 paraît plutôt maigre, au point que l’on pourrait être tenté de questionner son utilité réelle. Il nous faut prendre conscience de ce que la corruption est le principal obstacle au développement économique et social de notre pays. En effet, elle freine la croissance économique, nuit à l’état de droit et entraîne un gaspillage de compétences et de ressources à nul autre pareil. Lorsqu’elle fragilise les structures chargées de la sécurité et de l’ordre public, la corruption peut poser des problèmes de sécurité nationale. Lorsqu’elle devient omniprésente, elle empêche le secteur public de remplir sa mission ainsi que les entreprises de réaliser leur potentiel. La corruption détourne des fonds destinés aux services essentiels, notamment les soins de santé, d’éducation, etc. En cela, elle pénalise en premier lieu les plus fragiles d’entre nous, particulièrement les Camerounais économiquement faibles. Contrairement à une idée reçue, les véritables entrepreneurs abhorrent la corruption, ne serait-ce parce qu’elle augmente le coût de l’activité économique. La corruption dans le monde des affaires est sujet courant, et quasiment toutes les entreprises y sont confrontées, qu’elles soient grandes, moyennes ou petites. Si la corruption s’inscrit clairement à l’encontre de l’éthique des affaires, certains investisseurs diront cependant qu’elle est nécessaire pour réussir ses projets notamment dans un pays comme le nôtre, arguant qu’une entreprise qui refuserait de la pratiquer au nom de l’éthique verrait ipso facto ses chances de réussite fondre comme neige au soleil. Un investisseur dans notre société doit-il être obligé de choisir entre performance et éthique des affaires ? Est-ce à dire qu’il est impossible de réussir sans recourir à des pratiques corruptives ? C’est contre cette doxa qu’il faudrait s’insurger. Il faut déplorer que malgré les efforts de certains acteurs, il n’existe pas encore une masse critique permettant d’impulser une véritable dynamique anti-corruption, le plus grand nombre étant persuadé à tort que les avantages de la corruption sont plus importants à leur échelle, que ses inconvénients. Parmi les solutions à mettre en œuvre, outre l’éducation populaire et la sanction systématique des actes de corruption, il convient d’envisager de revaloriser significativement des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat. Cette mesure permettrait de diminuer les initiatives de corruption dont les cibles sont les usagers ou les prestataires de l’administration. Elle permettrait également de réduire les atteintes à la fortune publique. Il faut dire pour alarmer le corps social sur ce phénomène que l’on a fini par banaliser, que le coût moral de la corruption peut être fatal à notre société, tant ce phénomène attaque et dynamite les fondations que sont nos normes, nos principes et nos valeurs cardinales. De surcroît, la corruption enracine la médiocrité dans la société, ce qui constitue un autre péril grave pour la nation, particulièrement pour la jeunesse, en perte de repères, et pour les personnes en situation de responsabilité. A cet égard, sans chercher à jeter l’anathème sur l’ensemble des serviteurs de l’Etat, il convient d’appeler l’attention des autorités publiques sur le fait que la corruption des agents publics constitue une entrave majeure à la capacité du gouvernement à satisfaire les besoins fondamentaux des citoyens. A ce titre les décideurs plus que quiconque, ont intérêt à lutter contre ce phénomène. En effet, la corruption limite la capacité des gouvernements à servir efficacement les citoyens, elle fragilise la subordination au droit, elle affaiblit les institutions publiques et érode la confiance dans les dirigeants. Elle doit être réprimée sans ambages, elle n’est pas une fatalité, encore moins un mal nécessaire’’. N'oubliez pas de cliquer sur les liens des différentes problématiques, afin d'accéder à un choix de textes relatifs à cette problématique particulière. Avertissement Les textes proposés ici étaient, pour beaucoup, susceptibles d'être classés dans plusieurs problématiques. Nous avons cependant choisi de ne les faire apparaître qu'une seule fois, c'est pourquoi il ne faut pas hésiter à explorer toutes les problématiques, afin de trouver un texte vous intéressant. I. Qu'est-ce que l'État ? - L'Etat est-il l'objet essentiel de la théorie politique ? 2. L'essence de l'Etat 3. Etat et gouvernement II. Quelle est la fonction de l'État ? à quoi sert l'État ? - L'État est-il un mal nécessaire ? - L'Etat est-il plus à craindre que l'absence d'Etat ? - Peut-on se passer de l'État ? - Doit-on tout attendre de l'État ? - Peut-on dire avec Hölderlin que Ce qui fait de l'Etat un enfer, c'est que l'homme a voulu en faire son paradis. » ? 1. Assurer le bien commun et en premier lieu la sécurité des citoyens... - La recherche du bien commun est-elle le fondement et la limite de la souveraineté de l'Etat ? - L'intérêt de l'Etat coïncide-t-il avec le bien commun ? - La raison d'être de l'État est-elle de garantir la sécurité du citoyen ? - Le rôle de l'Etat est-il de faire régner la justice ? - Peut-on concevoir la justice sans l'Etat ? - L'Etat a-t-il pour but de maintenir l'ordre ou d'établir la justice ? - La justice ne relève-t-elle que de l'Etat ? - L'État doit-il viser le bonheur des individus ? III. L'individu, la société, le citoyen, dans leur rapport à l'État 1. Le citoyen et l'État Les dangers du despotisme - Faut-il distinguer le citoyen dans l'Etat et l'individu dans la société ? - L'État doit-il éduquer les citoyens ? - L'Etat a-t-il besoin de la mémoire des citoyens - L'Etat est-il l'ami ou l'ennemi de l'individu ? - Est-il dans la nature de l'Etat de refuser les différences ? - L'Etat a-t-il, selon vous, un rôle à jouer dans la vie privée ? - L'Etat peut-il assurer à la fois la liberté et la sécurité des individus ? - Peut-on reconnaître un droit de révolte contre l'Etat ? - L'État est-il l'ami de tous en même temps que l'ennemi de chacun ? 3. La société et l'État - Une société peut-elle se passer d'État ? - Peut-on se passer de l'État ? - Peut-on penser une société sans État ? - Peut-il y avoir une société sans Etat ? IV. Le pouvoir de l'État et ses limites - Par quelles voies un Etat peut-il exercer sa souveraineté ? - À quelles conditions le pouvoir de l'Etat est-il légitime ? a. Nos devoirs envers l'Etat - Que devons-nous à l'État ? 2. Les limites du pouvoir de l'Etat - Faut-il accorder le moins possible à l'Etat ? - Pour limiter le pouvoir de l'Etat, peut-on s'en remettre à l'Etat ? - Le pouvoir de l'Etat est-il facteur de liberté ou d'oppression ? - Pourquoi l'État devrait-il limiter son pouvoir ? - L'État doit-il être sans pitié ? - Pourquoi l'union du droit et de la force dans l'État est-elle un problème ? - La violence exercée au nom de l'État est-elle fondamentalement différente de toutes les autres formes de violence ? - La morale relève-t-elle de la compétence de l'État ? a. L'État est-il au-dessus des lois ? - L'État est-il au-dessus des lois ? - Un gouvernement peut-il légitimement, dans certaines circonstances, agir à l'encontre des lois ? - L'État a-t-il tous les droits ? b. La conception libérale de l'État 3. La critique de l'État 4. La "raison d'État" - L'emploi du mot raison » est-il légitime dans l'expression la raison d'Etat » ? - Y a-t-il vraiment une Raison d'Etat » ? - Peut-on subordonner les Droits de l'homme à la raison d'État ? - La Raison d'État » peut-on tout justifier en son nom ? - Un gouvernement peut-il légitimement, dans certaines circonstances, agir à l'encontre des lois ? 5. État et violence - La violence exercée au nom de l'État est-elle fondamentalement différente de toutes les autres formes de violence ? a. L'Etat naît de la violence - Pourquoi respecter l'autorité de l'État ? - L'État n'impose-t-il l'obéissance que par la force matérielle ? - Est-il légitime de faire prévaloir les exigences de la conscience sur celles de l'État ? - L'obéissance à l'État est-elle toujours une obligation ? - L'État peut-il exiger de chacun qu'il travaille ? VI. État et liberté - Peut-on affirmer que la force de l'État fait la liberté des citoyens ? - Le pouvoir de l'Etat est-il facteur de liberté ou d'oppression ? - Qu'est-ce qu'un Etat libre ? - L'Etat restreint-il la liberté individuelle ? - L'autorité de l' État est-elle compatible avec la liberté des individus ? - La fin de l'Etat est-elle la liberté ? - L'Etat est-il l'ennemi de la liberté ? - La liberté est-elle possible sans un État pour la défendre ? - Serions-nous plus libres sans État ? - Serions-nous libres sans État ? 1. La philosophie anarchiste 2. Le despotisme 3. L'Etat et la liberté d'opinion - Un État démocratique doit-il tolérer toutes les opinions ? - Une religion d'Etat est-elle possible ? Date de création 03/05/2006 1739 Dernière modification 22/12/2020 1537 Catégorie Page lue 18822 fois Machiavel A la recherche du chef d'Etat idéal La question du rapport entre pouvoir, Etat, politique et morale est au cœur de la pensée de Machiavel qu’est-ce qu’un bon chef d’état ? Quelles qualités font un bon politique ? Comment doit-il gérer la vie politique ? Pour ne pas redécouvrir la lune, jetons un coup d’oeil sur le penseur qui a fondé la philosophie politique moderne Machiavel. Dans son célèbre texte Le Prince, le florentin, qui a passé sa vie au plus près du pouvoir auprès de César Borgia à qui s'adresse Le Prince, tente un portrait-robot du gouvernant. D’emblée, Machiavel réfute toute conception morale du pouvoir le chef de l’état ne doit pas obéir à une morale fixe, mais s’adapter aux circonstances, ce qu’il appelle la fortune ”fortuna”, en latin, signifie la chance, le destin. En dissociant la morale du pouvoir, il ne dit pourtant pas que le chef de l’état doive être immoral, mais qu’il peut s’affranchir de la morale si c’est nécessaire. C’est ce qu’aujourd’hui on appellerait le pragmatisme, ou le primat de la fin sur les moyens. Autrement dit, le chef de l’état doit maîtriser et faire foin de toute idéalisme qui le contraindrait à moraliser sa politique. La morale de Machiavel n'est donc pas un formalisme éthique comme chez kant par exemple, mais plutôt une invention permanente de celui qui la pratique la morale machiavélienne est immanente, et non transcendante. Kant s'opposera à cette conception du pouvoir, en plaçant les intentions au-dessus des résultats. A la différence, pour Machiavel, l'action politique ne peut être jugé que sur sa réalité et non sur ses potentialités ou les intentions qui la fondent. Machiavel définit le champ politique comme le lieu d'affrontement du destin fortuna et de la volonté virtu. Le chef d'Etat doit incarner cette volonté de dépassement de la nécessité, le dépassement des contraintes naturelles ou conjoncturelles. Un personnage en vue Avant tout, le chef de l’état est un personnage public, il est sans cesse “en vue“d'autant plus dans nos démocraties médiatiques, ou “médiacratie”. C’est pour cette raison qu’il doit maîtriser son image il doit donc paraître posséder des qualités qu’il ne détient pas forcément. Ses défauts seront cachés au public pour ne pas le déstabiliser. On voit à quel point ceci est moderne. Aujourd’hui, ce sont les conseillers en communication “spin doctors” qui gèrent l’image des hommes politiques via des méthodes telles que l'analyse des sondages ou le media training, en tentant de les faire apparaître sous leur meilleur jour. Parce qu'il est en permanence sous le regard des autres, le politique de Machiavel doit dissimiler ses défauts et feindre des qualités qu'il ne détient pas. Machiavel et la maîtrise de la vie politique Le chef de l’état doit également mettre sous contrôle ses opposants. Machiavel prône à leur égard une politique de fermeté. La dissidence doit être endiguée car elle est la racine de la révolte. Or, selon Machiavel, cela va de soi, le chef de l’état n’a qu’un seul but la conservation du pouvoir. En un mot la fin, là aussi, justifie les moyens. Si le politique est menacé par ses opposants, il ne doit pas s'empêcher de les emprisonner. Ainsi, le trait dominant du “bon” chef de l’état, c’est la “VIRTU”, c'est-à-dire le contrôle, la maîtrise de soi l’image, de l’avenir le destin, de ses opposants la vie politique. Cette politique de contrôle est, de nos jours, appelée RealPolitik. C'est loin du cynisme auquel Machiavel est souvent réduit …